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Intéressé par une solution sur mesure?

Pharmacies | 10.11.20 | minute(s) reading time
Je suis accepté parce que je suis pharmacien et je peux donc m’appuyer sur ce titre ».

Jusqu’au 1er juin 2020, Kees van der Graaf était le directeur de la recherche et du développement de SPITS Oosterwolde et, avec 250 employés, il était responsable de la fourniture de sachets de médicaments à plus de 200 pharmacies et établissements de soins aux Pays-Bas. En outre, il a été copropriétaire de la pharmacie à Appelscha et à Oosterwolde et a fondé un centre de santé où 15 autorités sanitaires fournissent des soins quotidiens aux habitants d’Oosterwolde et des alentours. En tant que copropriétaire et co-fondateur de l’un des plus grands centres d’emballage au monde, conjointement avec Gerrit Baarda, fondateur et propriétaire de ZiuZ Visual Intelligence, il explique ce qui l’y a poussé et comment la coopération entre ZiuZ et SPITS Oosterwolde est née.

 

G : « Kees, merci de nous rendre visite aujourd’hui. J’aimerais revenir avec vous sur la façon dont notre coopération est née, mais avant tout, qu’est-ce que vous ont appris le métier de pharmacien et l’esprit d’entreprise ?

 

K : « Qu’Alpha est plus grand que Bêta. J’ai fait des études Bêta. Je suis pharmacien, après tout. Mon intérêt était le suivant : comment cette petite poudre blanche peut-elle rendre quelqu’un heureux, faire uriner quelqu’un d’autre, faire en sorte qu’une autre personne dorme ou encore, comment peut-elle soigner une infection dont est atteinte une autre personne ? C’est la même petite poudre blanche pour tout le monde. J’ai trouvé cela super intéressant. Et puis, quand on veut faire des affaires – je ne pensais vraiment pas faire des affaires parce que j’avais l’impression que je voulais être le plus grand ou le meilleur – alors on veut faire quelque chose de bien et on découvre ces enseignements Alpha et Gamma en plus. En fait, ils m’ont beaucoup plus enrichi que tout ce qui est Bêta. Seulement, si je n’avais pas étudié la pharmacie et si je m’étais lancé d’emblée dans l’administration des affaires, je pense que je n’aurais jamais eu cette opportunité. Je suis accepté dans le secteur des soins parce que je suis pharmacien et je peux donc m’appuyer sur ce titre. »

 

G : « In 2002, conjointement avec Hage Verduyn, vous avez fondé la société Spits Oosterwolde. Pourquoi ? »

 

K : « Lorsque nous avons fondé la société SPITS Oosterwolde, nous voulions une approche plus professionnelle et de plus grande envergure. Dans la pharmacie d’Oosterwolde, nous avions connu un franc succès avec Farmatray. En d’autres termes, ce système consistait à mettre des pilules dans des cases. Nous l’avons fait maintes et maintes fois et lorsque l’on fait quelque chose à de multiples reprises, on commet également de nombreuses erreurs. Nous avons fait tellement d’erreurs que la situation risquait de se retourner contre nous. Nous devions donc automatiser le processus. Nous sommes pharmaciens, connaissons les risques qu’impliquent les médicaments et pouvons en préparer. À l’époque, nous avons donc décidé de commencer à produire nos propres sachets de médicaments dans notre pharmacie à Appelscha. Nous l’avons fait pour notre propre pharmacie et pour d’autres collègues pharmaciens, nous voulions garder ce service en première ligne. Si nous ne le faisions pas cela, de grandes institutions s’en chargeraient et nous perdrions ce service en faveur du patient. Et la situation a complètement dérapé… Nous avions construit un local qui, nous le pensions, pourrait abriter trois machines d’emballage. Un an après le démarrage de la première machine, la deuxième machine est arrivée et le local était bondé. Nous n’avions pas la moindre idée de ce qui nous attendait ! Nous n’avons malgré tout pas laissé tomber les bras et avons construit une vraie usine SPITS à Oosterwolde. »

« Nous sommes pharmaciens, connaissons les risques qu’impliquent les médicaments et pouvons en préparer. »

G : « La coopération de projet entre Spits et ZiuZ a suivi peu après. Je n’ai jamais douté une seule seconde de notre solution, ni pensé qu’elle allait échouer. »

 

Kees : « Je n’ai jamais douté non plus que la machine de contrôle ne serait pas la meilleure du monde. Un magnifique bâtiment a été construit à Oosterwolde, où plusieurs robots d’emballage produisaient des rouleaux de médicaments pour les patients de pharmaciens. À l’époque, les sacs de médicaments étaient tous vérifiés à la main, ce que j’ai toujours trouvé très intelligent. Mais à la longue, ce n’était plus tenable et si vous voulez passer à l’échelle supérieure, vous devez le faire correctement et de manière professionnelle. On ne triche pas avec la qualité. »

 

« Via Twan (pharmacien de Spits Oosterwolde), qui jouait au volley-ball avec vous, nous avons appris que vous analysiez des images pour la police. Puis quelqu’un nous a demandé si cela n’était pas possible avec des pilules et, au début, vous n’aviez pas dit que ce n’était pas possible. »

 

« Je suis diplômé en analyse instrumentale pharmaceutique, qui a beaucoup en commun avec la technologie ZiuZ, et je suis également photographe amateur. Cet amour pour l’image photographique, j’ai pu le retrouver dans ce que vous faisiez chez ZiuZ. Nous avons prêté une grande attention à l’appareil photo et à la chambre noire. En fait, je voulais que nous puissions déterminer nous-mêmes la qualité de la lumière, afin de pouvoir prendre une belle photo reproductible. C’est cette même idée, que nous avons apprise dans la pharmacie, quand on se lance dans la microbiologie. Vous voulez un produit stérile. Il faut donc, dès le départ, travailler proprement, c’est-à-dire avoir d’emblée une image avec le moins d’interférences possible. Les erreurs sont alors mieux détectées. »

« Je n’ai jamais douté que la machine de contrôle ne serait pas la meilleure au monde »

G : « Comment envisagez-vous l’avenir du pharmacien aux Pays-Bas ? »

 

K : « La différence par rapport à l’époque où j’ai commencé est qu’un pharmacien était alors financièrement indépendant et puissant. Aujourd’hui, ceux qui obtiennent leur diplôme veulent devenir des prestataires de soins, mais se retrouvent rapidement au service de plus grands groupes. Et franchement, le but premier de ces grands groupes ne porte pas sur les soins pharmaceutiques. Aux Pays-Bas, trop d’entreprises ont été rachetées par de très grands groupes et ne il reste que très peu de pharmaciens indépendants. Les assureurs santé doivent, de nos jours, effectuer le travail en régie car le gouvernement n’est pas à la hauteur de la tâche. On applaudit et applaudit encore pendant la crise du coronavirus, mais, ensuite, tout le monde a tôt fait de l’oublier. Les pharmaciens étaient heureux de l’attention dont ils faisaient parfois l’objet, mais il ne se rendent pas suffisamment compte que toute leur existence est en train de s’effriter entre-temps. Un pharmacien n’a plus tout un tas de tâches. Les pharmaciens ne préparent plus et ne contrôlent plus. Ils ne fournissent plus de matériel pour des stomies ou des tests de diabète. S’il cela ne tenait qu’aux caisses d’assurance maladie, les pansements et le matériel pour l’incontinence, tout cet assortiment devrait être retiré de la pharmacie. Vive l’efficacité, les soins ne sont qu’un problème logistique, c’est ainsi que les personnes en bonne santé raisonnent derrière un bureau. Cette hémorragie représente une perte de chiffre d’affaires de 25%. En conséquence, la pharmacie individuelle est de plus en plus limitée dans sa capacité à réagir et à répondre aux demandes de soins modernes. Et si vous ne réagissez pas maintenant, vous constaterez que la fonction de distribution des pharmacies continuera à décliner dans les années à venir. Les patients se rendent compte bien trop tard que leurs soins en pharmacie sont en train de disparaître et la qualité médiocre des pilules en provenance d’Asie commence seulement à faire surface ».

« Les pharmaciens souhaitent prodiguer des soins mais doivent trouver leur place pour éviter que toute leur existence ne s’effrite »

G : « Comment envisagez-vous personnellement votre avenir ? »

 

K : « Nous avons créé la Wolk Academie, pour la recherche et l’enseignement en pharmacie. Et nous travaillons avec une autre entreprise pour vérifier les prescriptions grâce à l’intelligence artificielle. Filtrer les prescriptions sans risque afin que le pharmacien puisse prêter attention aux autres prescriptions. Mais surtout, je serai le papy de mon organisation et je serai le papy de mes petits-enfants. C’est ça mon avenir. »

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Kees van der Graaf, pharmacien et co-fondateur de Gezondheidscentrum Oosterwolde et de SPITS Oosterwolde, avec le prix de l’entreprise frison que ZiuZ a remporté, et où SPITS était en finale en 2018.

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